La moitié du marché PC gaming semble figée. Selon un sondage mené par Tom’s Hardware auprès d’environ 1 500 lecteurs, 60 % des joueurs PC n’ont aucun projet de nouvelle machine dans les deux prochaines années. Seule une minorité accepte encore de payer le prix fort des composants en 2026.
Le contexte est connu : les géants de l’IA monopolisent la production de mémoire et de puces pour leurs datacenters. Les fabricants privilégient des marges plus élevées côté entreprise, et le marché grand public subit la flambée. Une configuration qui tournait autour de 2 000 € il y a quelques années peut aujourd’hui demander le double pour des performances équivalentes, selon les configurations suivies par la presse spécialisée.
Ce que dit le sondage Tom’s Hardware
La répartition du sondage Tom’s Hardware est parlante :
- 60 % : pas de montage prévu avant plus de deux ans ;
- 25 % : prêts à tenter une config dans les 12 prochains mois ;
- 15 % : objectif avant la fin de l’année 2026 ;
- 4 % : achat envisagé dans les trois prochains mois.
Le marché enthousiaste n’est donc pas totalement à l’arrêt, mais la majorité préfère attendre. Le signal est cohérent avec l’enquête matérielle Steam de mars 2026 : la part de machines avec 32 Go de RAM a reculé d’environ 20 %, tandis que les configs 16 Go progressent, signe que les joueurs rognent leurs specs plutôt que d’upgrader franchement.
RAM, GPU : les postes qui font mal
La mémoire est le symbole de la crise. Tom’s Hardware cite des kits 32 Go autour de 360 dollars US, contre des niveaux bien inférieurs avant la ruée IA. Les SSD ont aussi grimpé : +147 % au premier trimestre 2026 selon plusieurs analyses sectorielles, avec des modèles haute capacité frôlant des prix prohibitifs.
Côté graphique, la série GeForce RTX 50 de NVIDIA reste hors de portée pour beaucoup. En Europe, une RTX 5090 dépasse souvent les 3 500 €, soit environ 1 000 € de plus qu’il y a six mois selon les comparateurs suivis en boutique. NVIDIA domine toujours le haut de gamme GPU, mais le rapport performance-prix décourage les upgrades « par plaisir ».
Un cycle d’upgrade gelé jusqu’à quand ?
Les constructeurs de mémoire évoquent une tension qui pourrait durer jusqu’en 2028, voire au-delà selon certains dirigeants de la chaîne d’approvisionnement. Tant que l’IA absorbera l’essentiel des wafers et des modules DRAM, le joueur PC restera en position d’attente ou de bricolage minimal : changer un disque, garder sa carte une génération de plus, repousser le passage au DDR5 haute capacité.
Les 4 % qui achètent quand même dans les trois mois sont souvent des profils contraints (panne, besoin pro, passage obligé à Windows 11 sur une base trop vieille). Pour le reste, 2026 ressemble à une année de patience forcée, pas de renouvellement massif du parc gaming PC.

