Géoportail drone : lire la carte des restrictions de vol, désormais sur cartes.gouv.fr
Le Géoportail a fermé, mais la carte des drones n’a pas disparu. La couche officielle « Restrictions UAS catégorie Ouverte et aéromodélisme », publiée par l’IGN pour la DGAC, s’ouvre désormais sur cartes.gouv.fr, et les anciennes adresses « geoportail drone » y redirigent. L’édition en ligne date de juin 2026. Voici comment la lire correctement, et surtout ce qu’elle ne vous dit pas.
Un point avant de commencer : cette carte est un outil de repérage. Elle ne vaut pas autorisation de vol, elle ne remplace ni la réglementation ni les informations aéronautiques du jour.
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Ouvrir la bonne couche sur cartes.gouv.fr
La procédure prend une minute, sur ordinateur comme sur smartphone :
- Rendez-vous sur cartes.gouv.fr, rubrique « Explorer les cartes ». Une fenêtre d’accueil rappelle la fermeture du Géoportail : cliquez sur « Accéder aux cartes ».
- Le lien en tête d’article charge directement la couche. À défaut, cherchez « Restrictions UAS » dans le catalogue des données et ajoutez la couche « Restrictions UAS catégorie Ouverte et aéromodélisme ».
- Tapez une adresse dans la barre de recherche, ou activez la géolocalisation pour centrer la carte sur votre position, pratique une fois sur le terrain.
- Zoomez au maximum sur le lieu exact du décollage et du vol, pas seulement sur la commune : les limites suivent des cercles et des couloirs qui coupent parfois un même champ en deux.
- Cliquez sur la zone colorée pour afficher sa fiche, qui précise la restriction applicable.

Rouge, orange, jaune : ce que veut dire chaque couleur
La légende tient en sept lignes, mais chaque nuance compte. Toutes les mentions s’appliquent « sauf conditions particulières publiées à l’arrêté espace du 3 décembre 2020 ».
| Sur la carte | Signification |
|---|---|
| Rouge | Vol interdit |
| Saumon | Hauteur maximale de 30 m |
| Orange | Hauteur maximale de 50 m |
| Jaune soutenu | Hauteur maximale de 60 m |
| Jaune pâle | Hauteur maximale de 100 m |
| Hachures | Notification pour les aéronefs de plus de 900 g |
| Aucune couleur | Tout vol interdit au-dessus de 120 m |
Une zone blanche ne veut donc pas dire « tout est permis ». Le plafond de 120 m s’applique partout, et les autres règles de la catégorie Ouverte aussi : drone toujours en vue, pas de vol de nuit, pas de survol de rassemblements de personnes, pas de vol au-dessus de l’espace public en agglomération. La hauteur se mesure par rapport au sol sous le drone, pas au point de décollage : en décollant d’une colline, l’écart peut vite dépasser la limite.
Ce que la carte ne montre pas
La description officielle de la couche est explicite : elle « ne couvre pas les interdictions temporaires » et le contour des agglomérations y est fourni « à titre purement indicatif ». Concrètement, plusieurs restrictions échappent à la carte :
- les NOTAM et les zones temporaires des SUP AIP (meeting aérien, exercice militaire, incendie, visite officielle) ;
- les horaires d’activation du réseau très basse altitude (RTBA) utilisé par l’aviation militaire, pendant lesquels la hauteur est limitée à moins de 50 m ;
- les arrêtés municipaux et préfectoraux, par exemple pendant un festival ou une période de nidification ;
- certaines interdictions de prise de vue aérienne (ZICAD), qui portent sur la photo et pas seulement sur le vol.
Le jour du vol, la référence reste le Service de l’information aéronautique (SIA), qui publie NOTAM, SUP AIP et cartes AZBA du RTBA, ainsi que l’outil gratuit SOFIA-Briefing de la DSNA. Ces services sont pensés pour l’aviation habitée et demandent un peu d’habitude, mais ce sont eux qui font foi. Pour les arrêtés locaux, un appel à la mairie règle souvent la question.
Avant de décoller : les obligations qui vont avec
La carte répond à la question « où ». Les règles de pilotage répondent au « comment », et elles dépendent de la classe de votre drone (C0 à C4, obligatoire sur les drones achetés depuis le 1er janvier 2024) :
| Obligation | Qui est concerné |
|---|---|
| Enregistrement du télépilote sur AlphaTango (numéro FRA + 13 caractères à inscrire sur le drone) | Classes C1 à C4, et C0 équipé d’une caméra |
| Formation en ligne « Catégorie ouverte A1/A3 » (40 questions, 75 % de bonnes réponses, valable 5 ans) | Classes C1 à C4 ; recommandée pour C0 |
| Enregistrement du drone | Drones de 800 g ou plus, ou équipés d’un dispositif de signalement électronique |
| Signalement électronique | Drones de plus de 800 g |
| Âge minimum de 14 ans | Tous, sauf drone jouet C0 ou présence d’un télépilote d’au moins 16 ans |
Les sanctions ne sont pas symboliques. Voler sans l’attestation de formation expose à 450 € d’amende, sans enregistrement du drone à 750 €. La violation d’une interdiction de survol peut coûter de 1 à 6 mois d’emprisonnement, 15 000 à 75 000 € d’amende et la confiscation de l’appareil. Côté vie privée, capter ou diffuser l’image de personnes sans leur accord est puni d’un an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Le détail figure sur la fiche Drone : règles de pilotage à respecter de Service Public.
La routine en quatre étapes
- La veille, repérez le site sur cartes.gouv.fr : couleur, hauteur maximale, hachures.
- Le jour même, consultez les NOTAM et SUP AIP sur le site du SIA ou SOFIA-Briefing, ainsi que les horaires du RTBA s’il passe à proximité.
- Vérifiez les arrêtés locaux et, sur un terrain privé, obtenez l’accord du propriétaire.
- Sur place, si un doute subsiste, ne décollez pas.
Les applications des fabricants de drones affichent souvent leurs propres zones de géovigilance. Elles rendent service, mais ne remplacent pas la carte officielle, qui reste le point de départ, ni le SIA, qui a le dernier mot.
Questions fréquentes
La carte Géoportail drone existe-t-elle encore ?
Oui, sous un autre toit : la couche est la même, elle est simplement servie par cartes.gouv.fr depuis la fermeture du Géoportail.
La carte est-elle gratuite ?
Oui, sans compte ni application à installer. Elle fonctionne dans le navigateur d’un smartphone.
Couvre-t-elle l’outre-mer ?
Oui : métropole, Guyane, Antilles, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, La Réunion et Terres australes.
Une zone sans couleur suffit-elle pour voler ?
Non. Elle signifie seulement qu’aucune restriction permanente n’est cartographiée. Le plafond de 120 m, les règles de la catégorie Ouverte, les restrictions temporaires et les arrêtés locaux continuent de s’appliquer.
Et pour un vol professionnel ?
La carte vise la catégorie Ouverte et l’aéromodélisme. Les opérations en catégorie Spécifique (scénarios standard, SORA) relèvent d’autres démarches, notamment une déclaration en préfecture pour un vol en zone peuplée.
Thomas Duvillard Site web de Thomas Duvillard
Thomas Duvillard est rédacteur en chef de Geek Actu. Il couvre les jeux vidéo, le high-tech et la pop culture, tests et analyses à l’appui.