Il y a encore deux ans, tout allait vers plus de plateformes, plus de PC, plus de Game Pass. En mai 2026, Sony et Microsoft ont serré les boulons dans la foulée : hausse du multijoueur PlayStation, fin des ports solo sur PC, baisse des abonnements Xbox et incertitude sur les sorties multi-consoles.
Deux stratégies opposées, un même signal pour le joueur : les murs entre écosystèmes se reconstruisent. Pas au rythme des années 2010, mais assez pour que choisir sa machine redevienne un vrai pari.
PlayStation : moins de PC, plus cher en ligne
Sony a annoncé une hausse de PlayStation Plus Essential pour les nouveaux abonnés à partir du 20 mai 2026 : le mois passe à 9,99 € en Europe (+1 €), le trimestre à 27,99 € (+3 €). Les paliers Extra et Premium, ainsi que l’offre annuelle Essential, ne bougent pas pour l’instant.
Le vrai séisme est ailleurs. Hermen Hulst, patron de PlayStation Studios, a confirmé en réunion interne que les futurs jeux narratifs solo resteront exclusifs aux consoles PlayStation. Fini la stratégie qui avait porté God of War, Horizon ou The Last of Us sur PC un à deux ans après leur sortie console.
Selon les informations relayées par la presse spécialisée, les ports PC auraient sous-performé et alimenté des craintes internes sur la vente de PS5. Les titres live service et multijoueur (Marathon, Horizon Hunters Gathering) peuvent encore viser le PC en parallèle, mais des projets comme Marvel’s Wolverine ou Ghost of Yotei visent désormais la console seule. Détails dans le reportage Video Games Chronicle.
Xbox : Game Pass moins cher, exclusivité en question
Microsoft a pris le chemin inverse sur les prix. En avril 2026, Game Pass Ultimate est passé d’environ 22,99 £ à 16,99 £ au Royaume-Uni, avec une baisse comparable sur PC Game Pass. Une réponse directe au mémo interne d’Asha Sharma, nouvelle patronne Xbox depuis février, qui estimait le service devenu trop cher.
Le contrepartie est lourde : les futurs Call of Duty ne rejoindront plus Game Pass au jour de sortie, mais environ un an plus tard. Seuls Black Ops 6 et Black Ops 7 avaient bénéficié du lancement day-one. Les anciens épisodes déjà dans le catalogue restent accessibles. La BBC détaille la décision dans son analyse.
Sharma a aussi rebaptisé Microsoft Gaming en « Xbox », relancé le débat sur l’orthographe « XBOX » après un sondage sur X, et annoncé une réévaluation des exclusivités et du « windowing » (exclusivité temporaire avant portage). Rien n’est figé, mais la philosophie « tout sur PlayStation et Switch » semble en pause. The Verge résume la ligne dans son article du 23 avril.
Pourquoi les deux géants referment en même temps
Côté Xbox, porter Forza ou Sea of Thieves sur PS5 a rapporté, mais a aussi vidé l’intérêt d’acheter une console Microsoft quand la concurrence proposait encore des exclusifs natifs. Game Pass à prix fort diluait la valeur des sorties à 70 €. Résultat : hardware en perte de sens, abonnement critiqué, départ de Phil Spencer en février.
Côté Sony, les blockbusters solo restent l’argument massue. Les protéger sur PS5, après une génération où Xbox jouait l’ouverture, ressemble à une contre-offensive commerciale. Surtout avec Project Helix en vue, la future console Xbox pensée pour flouter la frontière avec le PC.
Pour nous, joueurs, l’équation se complique à nouveau : une PS5 pour les aventures solo Sony, une Xbox si Microsoft resserre ses exclusifs, un PC toujours central pour le multijoueur et le catalogue Steam. L’ère « un seul abonnement, toutes les plateformes » n’a pas duré assez longtemps pour devenir la norme.

