Nintendo vient d’essuyer un nouveau refus au Japon. L’Office japonais des brevets (JPO) a notifié le rejet d’une demande ciblant explicitement la capture de « personnages de terrain » sur écran tactile, au cœur du bras de fer juridique qui oppose le groupe kyotoïte à Pocketpair autour de Palworld.
La procédure, repérée par l’analyste Florian Mueller sur Games Fray, porte le numéro de demande divisionnaire 2026-019762. La notification de refus daterait du 24 avril 2026.
Ce que Nintendo voulait verrouiller
En termes juridiques, la demande décrit l’usage d’un panneau tactile pour activer un objet de capture visant un personnage présent dans le champ, puis engager un combat avec une créature déjà possédée par le joueur. En clair : le schéma classique capture-combat-inventaire, mais restreint aux smartphones et tablettes.
L’enjeu n’est pas anodin. Palworld Mobile, développé avec Krafton sous l’égide de PUBG Studios, est attendu sur Android et iOS en 2026, sans date précise pour l’instant. Un brevet tactile aurait pu servir de levier supplémentaire contre cette version mobile, en complément du procès engagé en septembre 2024 par Nintendo et The Pokémon Company contre Pocketpair pour violation de brevets.
Pas d’étape inventive, selon le JPO
L’examinateur japonais estime que la demande n’apporte pas d’étape inventive. Les mécaniques visées relèveraient de règles générales déjà établies dans le genre « monster catching », sans innovation technique nouvelle.
Le dossier cite notamment des antériorités comme ARK: Survival Evolved sur mobile, PUBG Mobile, des extraits de Pokémon (Générations, X/Y) ou l’usage historique d’objets de capture dont le succès ou l’échec détermine si la créature rejoint l’équipe. Difficile, dans ce contexte, de faire passer une protection large pour le tactile seul.
Un revers de plus, mais pas la fin du combat
Ce refus s’ajoute à un épisode américain récent : en avril 2026, l’USPTO a rejeté les 26 revendications d’un brevet « summon-and-battle » de Nintendo, jugées trop évidentes au regard de documents antérieurs (Konami, Bandai Namco, brevets internes Nintendo). Comme l’analyse Nintendo Life, la procédure n’est pas définitive : Nintendo peut encore amender sa demande, comme elle l’a déjà fait en février 2026 côté Japon.
Pour Pocketpair et les futurs jeux de capture sur mobile, la barrière reste haute, mais elle n’est plus uniquement juridique : sans brevet validé sur ces mécaniques génériques, Nintendo devra s’appuyer sur des revendications plus étroites ou sur le fond du litige en cours. La suite se jouera dans les salles d’examen et devant les tribunaux, pas dans un communiqué de victoire rapide.

