La GeForce RTX 5090 a franchi le seuil des 5 000 $ aux États-Unis et dépasse 5 200 € sur le marché allemand. Des médias spécialisés rapportent aussi que des intégrateurs IA rachèteraient des cartes gaming au détail par palettes. Les photos qui circulent sont toutefois contestées ; les prix, eux, sont mesurables.
Selon TechPowerUp, qui s’appuie sur les relevés Hardwareluxx / Geizhals, le modèle le moins cher listé en Allemagne était récemment une INNO3D iCHILL Frostbite Pro à 5 242,94 €. Aucune RTX 5090 n’apparaissait sous les 5 200 €. En janvier, la même référence tournait autour de 3 029 €, soit une hausse d’environ 73 % en huit mois. La Founders Edition reste affichée à 2 099 € chez NVIDIA, quand elle est réellement en stock.
Aux États-Unis, plusieurs annonces franchissent déjà les 5 000 $, pour un MSRP de lancement de 1 999 $. Côté France, GinjFo signale une Gigabyte RTX 5090 Windforce OC à 5 389 € sur la boutique NVIDIA. Autrement dit : plus du double du prix conseillé, sans changement officiel du tarif de base.
Des palettes pour des serveurs IA, photos sous réserve
Le 10 septembre, le média hongkongais HKEPC a publié sur X des images de cartons RTX 5090 empilés et déballés sur des sites d’assemblage. Le message affirme que des fabricants chinois rachètent des GeForce sur différents marchés pour monter des stations de travail IA multi-GPU. Il ne s’agirait pas de RTX PRO 6000 ni d’accélérateurs datacenter, mais de cartes grand public, les mêmes que celles destinées aux PC gaming.
eTeknix (14 septembre 2026) et TechPowerUp ont repris l’angle. TechPowerUp précise toutefois qu’une partie des clichés « semble altérée, ou au moins retouchée avec de l’IA ». Des lecteurs ont pointé des incohérences sur des numéros de modèle. Hardwareluxx note aussi le doute, tout en jugeant plausible le détournement de volumes élevés vers l’inférence et le fine-tuning local, vu la pénurie et les 32 Go de GDDR7 de la carte.
En clair : la flambée tarifaire est documentée par les comparateurs. Le récit des « palettes pour serveurs IA » repose sur des témoignages et des images dont l’authenticité n’est pas établie à 100 %. À ne pas confondre.
GDDR7, crypto 2.0 et silence NVIDIA
Deux moteurs se superposent. D’un côté, le coût et la rareté de la mémoire GDDR7, tirés par la demande IA, que les partenaires cartes répercutent depuis des mois. De l’autre, l’appétit d’intégrateurs qui préfèrent du GeForce disponible (même hors de prix) à une file d’attente pour du matériel pro. La RTX 5090 affiche officiellement 3 352 TOPS IA et 32 Go : NVIDIA la vend aussi comme carte pour modèles génératifs locaux, pas seulement pour le 4K ultra.
Le parallèle avec le boom du minage crypto revient partout. À l’époque, NVIDIA avait fini par sortir des modèles LHR pour freiner le hashrate. Ici, la société a déjà bridé des variantes Chine (5090D / v2) pour l’export, mais n’a pas annoncé de limitation équivalente sur la GeForce mondiale. Aucune réaction publique claire sur la pénurie gaming n’a été relevée par les sources citées.
Pour les joueurs français qui attendent encore une 5090 « à prix Founders », le message est froid : tant que la mémoire et l’IA se disputent les mêmes composants, le halo gaming de NVIDIA reste un produit semi-pro de fait. Garder sa carte actuelle, ou viser plus bas dans la gamme 50, n’est plus un mauvais calcul. Sources : TechPowerUp, Hardwareluxx / Geizhals, eTeknix, HKEPC, GinjFo.

