Bambu Lab H3C : neuf têtes d’impression, 6 secondes par changement de couleur, et 2 499 euros
Bambu Lab a lancé mardi 3 novembre la H3C, une imprimante 3D de bureau à changeur d’outils qui garde neuf têtes d’impression chargées et préchauffées. Le fabricant de Shenzhen la vend 2 499 euros TTC en Europe, système de bobines compris, et la présente comme la première machine de sa troisième génération.
L’annonce vise le point faible de l’impression multicolore grand public. Sur une imprimante à buse unique, chaque changement de matière oblige à retirer le filament, à charger le suivant, à le chauffer puis à purger la buse. Le temps s’allonge, et le plastique jeté finit dans la fameuse « tour de purge » ou dans la poubelle. Bambu Lab avait popularisé le multicolore avec ses X1 et P1 en 2022, mais sur ce principe de buse unique alimentée par plusieurs bobines.
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Neuf outils dans un râtelier
La H3C repose sur une architecture baptisée Swaptek. Neuf « PrintTools » attendent dans un râtelier logé dans l’enceinte, chacun avec son propre chemin de filament et sa propre chauffe. La tête vient déposer l’outil qu’elle porte et en saisit un autre. Bambu Lab annonce 3,4 secondes pour l’échange mécanique et environ 6 secondes entre la dernière ligne d’une matière et la première de la suivante. Une fonction de préchauffage anticipé lit le G-code à l’avance pour amener la buse suivante à température pendant que la précédente travaille encore.
Le constructeur revendique une purge de 0,038 gramme par changement. Ces chiffres sortent de ses propres tests, en PLA Basic et dans des conditions optimales, comme le précise le site 3DPrinting.com qui a détaillé les notes de bas de page.

Chaque outil reçoit une buse de 0,4 mm en acier trempé qui monte à 350 °C. Le reste de la fiche technique reprend les codes de la gamme haut de gamme du fabricant : volume utile de 330 × 320 × 325 mm, plateau chauffant à 120 °C, enceinte chauffée activement jusqu’à 65 °C, accélération de 25 000 mm/s² et déplacements à 1 400 mm/s. L’étalonnage des neuf outils (positionnement, décalages, nivellement du plateau) se lance automatiquement avant chaque impression.
Le TPU souple et le séchage intégré
Deux autres pièces complètent la machine. L’extrudeur FlexFeed accepte le filament de 1,75 mm et celui de 2,85 mm, et passe de l’un à l’autre en cours d’impression. Avec du TPU de 2,85 mm, plus rigide sous la pression, Bambu Lab dit imprimer des matières aussi souples que du 75A avec un débit jusqu’à trois fois supérieur à celui d’une imprimante classique. La boutique européenne évoque même un facteur cinq, un écart que le fabricant n’a pas expliqué.
Le système de bobines AMS 3H est cette fois intégré au châssis. Les neuf bobines sont enfermées dans une chambre étanche, identifiées par leur puce RFID et synchronisées avec le logiciel de découpe Bambu Studio. Deux emplacements font office de séchoir, jusqu’à 85 °C, y compris pendant une impression, ce qui vise les nylons, polycarbonates et filaments chargés en carbone. En branchant un ancien AMS sur l’outil numéro 1, la machine peut gérer jusqu’à 24 matières.
Le changeur d’outils sert aussi à autre chose qu’imprimer. Bambu Lab propose des outils optionnels de découpe, de dessin et d’embossage (CutTool, DrawTool et DebossTool) qui prennent place dans le râtelier comme une tête d’impression. Le mélange de couleurs en CMJN plus blanc demande un jeu de filaments spécifique, et l’usage de buses de tailles différentes dans une même pièce passe par l’achat de buses supplémentaires.

La H3C est disponible depuis le 3 novembre sur la boutique officielle de Bambu Lab, dans une seule configuration de base, la H3C AMS Combo à 2 499 euros. Trois packs montent à 2 579 euros (avec un jeu de PLA et du TPU), 2 789 euros (avec la Bambu Station ouverte) et 3 039 euros (avec la Bambu Station fermée et le purificateur E1). La surveillance par IA s’appuyant sur la caméra optionnelle BirdsEye n’arrivera qu’au premier semestre 2027.
À ce tarif, la H3C ne s’adresse pas au débutant qui veut imprimer ses premières figurines. Elle s’attaque aux machines à changeur d’outils déjà installées chez les makers exigeants, avec l’argument qui a fait le succès de la marque : une calibration qui se fait toute seule.
Sources : blog officiel Bambu Lab, boutique européenne Bambu Lab, 3DPrinting.com, VoxelMatters.
Thomas Duvillard Site web de Thomas Duvillard
Thomas Duvillard est rédacteur en chef de Geek Actu. Il couvre les jeux vidéo, le high-tech et la pop culture, tests et analyses à l’appui.