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ChatGPT verrouille vos discussions derrière un code PIN, mais l’oublier efface tout

Par Thomas DuvillardAucun commentaire4 min de lectureActu
Capture officielle d’OpenAI montrant une conversation ChatGPT sur smartphone avec la fenêtre Lock sensitive chats et le bouton Create a PIN

ChatGPT sait désormais garder un secret, à condition de ne pas oublier quatre chiffres. OpenAI a lancé mardi 20 octobre les « discussions verrouillées » (locked chats), une fonction qui retire certaines conversations de l’historique et de la recherche et en conditionne l’ouverture à un code PIN à quatre chiffres. Le déploiement est progressif et concerne toutes les formules, de l’offre gratuite à Go, Plus et Pro, ainsi que les versions Business, Enterprise et Edu, selon la page d’aide publiée par OpenAI. Seule exception citée : ChatGPT for Healthcare.

L’usage visé est domestique. OpenAI évoque le cas d’un téléphone que l’on tend à un proche pour lui montrer une autre conversation, ou d’un écran partagé en réunion. Le visuel de lancement met en scène une demande en mariage préparée avec l’assistant, le genre d’échange que l’on préfère ne pas voir surgir dans la barre latérale.

Le fonctionnement tient en quelques gestes. Dans le menu « ••• » d’une conversation, l’option de verrouillage (Lock chat dans l’interface anglaise) déplace l’échange vers un projet dédié, « Locked chats », rangé dans la rubrique Projets. Le titre disparaît de l’historique, des discussions épinglées et de la recherche. Au premier verrouillage, ChatGPT demande de créer le code. Sur iPhone, Face ID ou Touch ID peuvent le remplacer, sur Android le déverrouillage de l’appareil. La fonction marche sur le web, sur les applications mobiles et sur la nouvelle application de bureau pour macOS et Windows. Les conversations Codex ne sont pas éligibles.

Un code oublié, des conversations perdues

Le point le plus sévère se trouve dans la documentation. Oublier son code ne supprime rien en soi, mais la seule issue est la réinitialisation, et celle-ci efface définitivement toutes les discussions verrouillées, les fichiers qui y ont été créés ou importés et les informations mémorisées uniquement dans cet espace. « Cette action est irréversible, et le support d’OpenAI ne peut pas récupérer le contenu supprimé », prévient l’éditeur. Un administrateur d’espace de travail ne peut ni réinitialiser le code ni rouvrir les conversations. Changer de code en connaissant l’ancien, en revanche, ne supprime rien.

L’accès se referme seul. Sur mobile, il expire après une minute passée hors de l’espace verrouillé ou avec l’application en arrière-plan. Sur le web, il suffit de rafraîchir la page ou de fermer l’onglet. Sur Android, les captures d’écran d’une discussion verrouillée sortent noires.

Un rideau, pas un coffre-fort

OpenAI prend soin de préciser ce que le verrou ne fait pas. Il n’ajoute aucun chiffrement de bout en bout et ne crée pas de coffre chiffré séparé. Il ne modifie ni la durée de conservation des échanges par l’entreprise, ni le réglage « Améliorer le modèle pour tout le monde », et n’efface pas ce que ChatGPT avait déjà retenu avant le verrouillage. Dans les offres Enterprise et Edu, les discussions verrouillées restent incluses dans les journaux accessibles via la plateforme de conformité d’OpenAI. La protection vise donc le regard d’un proche ou d’un collègue, pas l’éditeur lui-même.

La mémoire suit une règle à part, détaillée par TechCrunch : les messages envoyés après le verrouillage alimentent une mémoire propre aux discussions verrouillées, qui ne déborde pas sur les conversations ordinaires. Plusieurs types d’échanges ne peuvent pas être verrouillés, dont les discussions temporaires, archivées ou de groupe, celles créées depuis un lien partagé et celles liées à des tâches planifiées ou à des enregistrements de réunion. Une conversation verrouillée ne peut plus être épinglée, archivée ni partagée sans être déverrouillée au préalable.

La fonction arrive par vagues. Si l’option n’apparaît pas encore dans le menu d’une conversation, OpenAI indique qu’elle peut mettre quelques jours à atteindre le compte.

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Site web de Thomas Duvillard

Thomas Duvillard est rédacteur en chef de Geek Actu. Il couvre les jeux vidéo, le high-tech et la pop culture, tests et analyses à l’appui.