La galaxie lointaine perd l’une de ses architectes les plus discrètes. Marcia Lucas, monteuse oscarisée de Star Wars (1977) et de Return of the Jedi (1983), est morte le 27 mai 2026 à l’âge de 80 ans. Elle s’est éteinte à Rancho Mirage, en Californie, des suites d’un cancer métastatique, entourée de ses proches.
Née Marcia Griffin le 4 octobre 1945 à Modesto, elle fut pendant quatorze ans l’épouse de George Lucas (1969-1983) et l’une des rares femmes à s’imposer comme référence du montage à Hollywood dans les années 1970.
Le montage qui a sauvé Star Wars
Souvent présentée comme la « héroïne méconnue » de la saga, Marcia Lucas intervint quand George Lucas, insatisfait de la première version montée par John Jympson, décida de repartir presque de zéro en post-production. Aux côtés de Richard Chew et Paul Hirsch, elle retravailla l’ensemble du film et prit en charge la bataille de Yavin, dont l’assaut sur l’Étoile Noire.
George Lucas avait estimé que cette séquence lui demanda environ huit semaines de travail, entre 40 000 pieds de dialogues de pilotes et les plans de combat à synchroniser. Mark Hamill lui attribuait aussi des choix émotionnels précis : le baiser porte-bonheur de Leia avant le balancier, ou la réaction du droïde souris face à Chewbacca, qu’elle avait convaincu George de conserver.
Elle aurait également suggéré la mort d’Obi-Wan Kenobi après le duel au sabre laser, transformant le Jedi en guide spirituel pour Luke. Le trio remporta l’Oscar du meilleur montage en 1978, l’un des six statuettes du premier Star Wars.
De Scorsese au Jedi, puis retrait
Avant la saga, Marcia Lucas avait collaboré avec Martin Scorsese sur Alice Doesn’t Live Here Anymore, Taxi Driver et New York, New York. Elle avait déjà été nommée aux Oscars pour American Graffiti (1973), monté aux côtés de sa mentor Verna Fields (Les Dents de la mer).
Return of the Jedi resta son dernier crédit de monteuse. Après son divorce avec George Lucas, elle s’éloigna progressivement de l’industrie pour se consacrer à sa famille. L’USC School of Cinematic Arts a plus tard baptisé un centre post-production en son nom.
Hommages
Dans un communiqué relayé par plusieurs médias américains, sa famille la décrit comme une « conteuse brillante », pionnière pour les femmes du cinéma, mère et grand-mère aimante. Lucasfilm a salué « une perte profondément ressentie » et rappelé sa phrase célèbre : « J’ai une capacité innée à prendre du bon matériel et à l’améliorer, et du mauvais matériel pour le rendre acceptable. »
L’hommage officiel de la maison Star Wars est publié sur StarWars.com. Sans elle, le rythme, la clarté et le cœur du premier film de la franchise auraient probablement sonné bien différemment.

