Riot Games vient de frapper un des segments les plus chers de la triche PC. Déployée autour du 19 mai 2026, une mise à jour de Vanguard cible les cartes DMA (Direct Memory Access) utilisées pour lire la mémoire de Valorant et League of Legends sans passer par le processeur. Résultat côté tricheurs : du matériel vendu plusieurs milliers d’euros devient inutilisable dans l’écosystème Riot.
congrats to the owners of a brand new $6k paperweight https://t.co/3rjZVQntrc pic.twitter.com/fS3JC0FL0p
— Riot Games (@riotgames) May 21, 2026
Pourquoi les cartes DMA posaient problème
Conçues à l’origine pour des usages professionnels, ces cartes permettent d’accéder à la RAM directement, en contournant le CPU et Windows. L’anti-triche classique, même au niveau kernel, ne voit rien : le cheat s’exécute sur le périphérique externe. Les boîtiers coûtent parfois jusqu’à 6 000 dollars et alimentent une niche très rentable sur les FPS compétitifs.
Riot répondait déjà via Vanguard, son anti-triche kernel-level, en s’appuyant sur l’IOMMU (Input-Output Memory Management Unit). Cette fonction matérielle filtre les accès mémoire des périphériques connectés. Les fabricants de triches ont contourné le blocage en modifiant le firmware pour se faire passer pour un SSD NVMe ou un contrôleur SATA légitime.
Ce que change la mise à jour de mai
La dernière version de Vanguard va plus loin : elle distingue un vrai disque d’un boîtier DMA déguisé. Une fois le profil repéré, l’anti-triche dialogue avec l’IOMMU et envoie des erreurs répétées au périphérique, qui doit redémarrer en boucle. À chaque reconnexion, le cycle repart. Le matériel reste allumé, mais ne peut plus faire son travail de lecture mémoire.
Des rapports de la scène anti-triche indiquent que le firmware concerné reste instable même après fermeture du jeu ou désinstallation de Vanguard, avec parfois un écran rouge en pleine partie. La seule porte de sortie évoquée côté tricheurs : réinstaller Windows et couper l’IOMMU dans le BIOS. Or sans IOMMU actif, Valorant refuse tout simplement de se lancer.
Presse-papier ou polémique ?
Le tweet provocateur de Riot du 21 mai, montrant une pile de cartes DMA avec la légende « congrats to the owners of a brand new $6k paperweight », a enflé la polémique. Le lendemain, le studio précisait que Vanguard « n’endommage pas le matériel » et ne vise que les appareils vendus explicitement pour tricher. Le reste du PC n’est pas touché, et un joueur sans DMA ne devrait rien remarquer.
Le débat sur les anti-triches kernel-level reste ouvert : accorder à un logiciel un accès aussi profond à Windows inquiète une partie de la communauté PC, au-delà du cas des tricheurs. Pour l’instant, Riot gagne une manche nette dans la course aux contournements matériels. Les développeurs de firmware tricheur chercheront probablement une parade, comme après chaque salve anti-triche majeure.
Le détail des restrictions Vanguard et des prérequis IOMMU est documenté sur le support Valorant. Riot avait aussi expliqué en décembre 2025 la faille pre-boot sur certaines cartes mères dans un article technique officiel.

