Jack Conte vient de rallumer une polémique déjà hors norme. Le cofondateur et PDG de Patreon a publié une vidéo de 49 secondes pour annoncer que la plateforme refuse de retirer la page de crowdfund du YouTubeur Reckless Ben, visé par Bricks & Minifigs dans le cadre d’un conflit autour d’une collection LEGO Star Wars estimée à plus de 200 000 dollars.
« Sue us » : la réponse de Patreon
Le 29 mai, Patreon aurait reçu une demande officielle de retrait, accompagnée d’une plainte, d’une requête de suppression immédiate liée à une ordonnance restrictive temporaire et d’une motion d’injonction préliminaire. Après examen par l’équipe Trust and Safety, Conte tranche sans ambiguïté : la page reste en ligne.
Sa formulation est devenue virale : Bricks & Minifigs peut « stuff it », et s’il n’est pas d’accord, « ils peuvent nous poursuivre ». Une posture rare pour un patron de plateforme de créateurs, pris entre liberté d’expression, financement participatif et pression judiciaire d’une franchise de revente LEGO.
D’où vient l’affaire LEGO ?
Benjamin Schneider, alias Reckless Ben, a explosé en mai avec une enquête vidéo d’une heure vingt-cinq sur le cas de Bryan Mansell et de son père, collectionneur de 83 ans. La famille affirme avoir confié en 2024 une mosaïque de sets Star Wars en dépôt-vente à une boutique Bricks & Minifigs en Oregon. Quand la franchise change de mains, les paiements et le stock deviennent, selon eux, un point de friction majeur.
Reckless Ben documente depuis des descentes de police, des gardes à vue pour harcèlement présumé, des vidéos dashcam et des actions spectaculaires devant des locaux de la franchise. Bricks & Minifigs, de son côté, répète que le litige relève d’un contrat de consignation privé avec d’anciens franchisés, pas d’un vol avéré par la maison mère ni par les nouveaux opérateurs de Salem.
Procès, crowdfundings et boutique fermée
Le 30 mai, BAM Franchising et plusieurs dirigeants ont déposé une plainte en Utah contre Schneider, sa société, Mansell et d’autres parties. Treize chefs d’accusation sont cités : diffamation, complot civil, harcèlement, RICO local, etc. Le groupe réclame dommages, honoraires et l’arrêt de publications qu’il qualifie de campagne coordonnée.
La boutique concernée en Oregon a fermé. Plusieurs campagnes GoFundMe ou Patreon ont levé des dizaines de milliers de dollars pour les frais d’avocat, côté famille comme côté anciens franchisés. Reckless Ben annonçait déjà un troisième épisode d’enquête sur sa page Patreon au moment où Conte prenait position.
L’histoire dépasse le hobby LEGO : elle mêle droit des franchises, creator economy, true crime internet et Star Wars en boîte. Tant que les tribunaux n’auront pas tranché, chaque campagne de financement et chaque vidéo ajoutent une couche au feuilleton. Patreon vient de choisir son camp dans la bataille des plateformes.

